Le Cairn de Tréguennec.

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Construire un cairn est une oeuvre éphémère qui commence à gagner des adeptes.

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Quoi de plus beau que quelques cailloux empilés le temps d’un instant

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avant que le vent ou l’enfant ne les fasse basculer

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Le problème est de trouver de beaux galets dans un beau contexte paysager.

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sur la plage de Tréguennec dans le Finistère le problème est résolu.

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Dans un même lieu vous trouvez des galets de granite poli et des dunes de sable fin.

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En général c’est fromage ou dessert, ici vous avez droit aux deux.

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et comme vous êtes patient, vous aurez en digestif le diaporama avec le dernier Sinead O’ Connor récemment vue et appréciée au Festival Interceltique de Lorient.

Bouquet de juillet : le retour du soleil

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Le soleil est de retour,

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c’est une fleur simple que l’on trouve dans les champs en Juillet,

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quelques unes suffisent à illuminer le jardin qui faisait grise mine ces derniers temps.

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Les insectes apprécient et viennent butiner le bouquet laissé à l’extérieur.

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La couleur a un effet bénéfique sur le moral.

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Le mois de juillet avait commencé fraîchement, la fin est meilleure.

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Nous verrons ce que nous réserve Août…

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Téléchargez le diaporama…

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Les nuits de la Bâtie : le festival des utopies.

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Retour à la Bâtie d’Urfé et à son jardin renaissance pour une soirée théâtre sous les étoiles.

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La cour d’honneur du château reçoit la scène et les gradins.
Je vous conseille de vous imprégner des lieux en commençant par un petit pique nique dans le Grand Pré (500 m derrière le château). A l’ombre des grands saules vous découvrirez derrière le mur du jardin le départ du sentier de l’Astrée .
(attendre la prochaine note)

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Rendez vous vers 20 h 30, faîtes le tour du jardin au coucher du soleil.

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“Tout dans Cyrano est théâtre, inventions. C’est une pièce anachronique, comme échappée de l’espace-temps, une pièce universelle, une pièce de l’excès. L’amour n’est jamais fade ou mesquin. Le verbe toujours haut. Le texte de Rostand abrite derrière chaque réplique un instant de folie, un moment d’humanité. Notre Cyrano se joue là, dans cette rencontre théâtrale et l’envie de sortir du classicisme presque incontournable pour donner à cette histoire une autre figure, celle d’une histoire qui nous surprend encore par son éternité. Ici les larmes sont aussi plaisantes que le rire, car si on pleure au dernier acte, on ne peut que se réjouir devant l’histoire d’amour qui éclate au grand jour.” Bernard Rozet

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Prenez place sur les gradins et appréciez Cyrano de Bergerac.

CYRANO DE BERGERAC
D’après l’oeuvre d’Edmond Rostand
Tarifs : 15€/10€
21, 22, 25, 26, 27, 28 et 29 juillet, 1, 2, 3, 4, 5, 8, 9 et 10 août 2007 à 21h
Cour d’honneur du château.

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Mise en scène : Bernard ROZET
Composition et arrangements : Laurent PILLOT
Direction musicale : Philippe GRAMMATICO.
Un ensemble instrumental vient compléter le texte de Rostand parfois librement adapté. Six artiste lyriques tour à tour pâtissiers, cadets de Gascogne ou poètes viennent enrichir la pièce donnant à l’oeuvre un air d’opéra.
Le répertoire musical demeure très large et éclectique incluant même la célèbre Roxane de Police…

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Du 7 juillet au 10 août 2007, Les nuits de la Bâtie d’Urfé vous proposent Le festival des utopies avec au programme : théâtre, lectures, spectacle jeune public, cinéma, exposition. Embarquement immédiat pour un voyage où le rêve et l’imaginaire sont rois !

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L’utopie à la Bâtie ? L’histoire de cinq siècles d’une quête du bonheur collectif.

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Depuis 2001, Les Nuits de la Bâtie d’Urfé sont devenues un événement culturel majeur proposé par le Conseil général de la Loire. Cette manifestation s’inscrit parmi les 80 grandes manifestations musicales françaises de renommée internationale et est retenue par la très exigeante fédération française des festivals.
Ce festival succède à l’Été musical également organisé par le Conseil général; il allie théâtre, lectures, cinéma, spectacle jeune public et exposition. Grâce à la diversité de son contenu artistique et son coût volontairement modique (de 3 à 15€par spectateur) pour des spectacles d’une qualité internationale,il s’adresse à tous.

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Programme complet, informations et réservation sur http://www.loire-nuitsdelabatie.fr !

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Mais attention les nuits sont fraîches à la Bâtie, prévoyez une tenue chaude…

Rendez Vous au Jardin : La Bâtie d’Urfé et son jardin renaissance. 2

Petit rappel historique :

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Les jardins de la Bâstie d’Urfé ont été créés par Claude d’Urfé entre 1546 et 1558, au moment où la construction médiévale est transformée en une résidence à la mode italienne.

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Alors que les châteaux forts occupent les pitons rocheux (comme celui de Sail-sous-Couzan le pays d’Aimé Jacquet), le Château de la Bâtie occupe un site de plaine sur une terrasse alluviale du Lignon. Le paysage de l’époque était beaucoup plus ouvert qu’aujourd’hui.

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La famille d’Urfé quitta les hauteurs foréziennes et descendit de sa montagneuse forteresse des « Cornes d’Urfé », à Champoly pour gagner les douceurs de la plaine au bord du Lignon.

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Le jardin souvent décrit par les auteurs anciens, répond aux nouveaux critères de la Renaissance, c’est la maîtrise de l’homme sur la nature, mais aussi une représentation du pouvoir.

Seule une partie de la balustrade sera réalisée à l’identique.

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Cette maîtrise de la nature s’illustre avec la maîtrise de l’eau canalisée jusqu’au château depuis le Lignon en amont. Cette rivière prend naissance dans les Monts du Forez du côté de Pierre sur Haute et dévale les pentes avant de s’écouler plus calmement dans la plaine au pied de pitons volcaniques comme le Montverdun . Le Lignon se jette ensuite dans la Loire.

Les rives du Lignon

La société historique et archéologique du Forez « La Diana  » (Montbrison) a acquis le château en 1909 et a fait classer l’ensemble monumental en 1912, le sauvant ainsi d’une ruine imminente. Les propriétaires d’alors avaient laissé le mobilier se disperser au hasard des ventes et le bâtiment restait mal entretenu. Le Conseil Général de la Loire , procède depuis 1990 à la restauration progressive du château et des jardins afin de redonner à la Bastie d’Urfé son aspect d’origine. Ce château se visite. c’est aussi un lieu d’animation culturelle .

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Les recherches historiques et archéologiques ont permis de mettre à jour des vestiges des anciens jardins disparus.
Ce jardin représente une pièce majeure des jardins renaissance. Le public connaît essentiellement les jardins du Val de Loire mais celui est plus original.

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Le jardin n’était pas seulement le lieu d’une mise en scène végétale. Certes la maîtrise des pentes pour le drainage, des formes géométriques pour les perspectives et de la présentation très simple des végétaux était remarquable mais le maître des lieux y voyait certainement plus que des plantes disposées savamment.

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Il s’agissait de créer un lieu symbolique, signe de distinction sociale et surtout d’humanisme. Cette culture humaniste en faisait ainsi un outil de pouvoir et de rayonnement.

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L’Astrée : roman d’Honoré d’Urfé fut en son temps un immense succès littéraire. Le jardin de la famille d’Urfé venait compléter cette célébrité. Les spécialistes du roman fleuve (plus de 5000 pages !) retrouvent aux alentours du château les lieux signalés dans le roman que s’arrachaient les lettrés de l’époque.

Un plan de 1804 offre une vision détaillée du site. Une allée plantée d’arbres conduit au château. Les douves du château sont en eau alimentées par un bief de dérivation des eaux du Lignon. Celui-ci court le long du jardin apportant une note de fraîcheur à l’ensemble.

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Dès le XVI° siècle, le jardin se compose de deux parties distinctes : le parterre de buis divisé en 16 compartiments géométriques et symétriques. Au centre de ce jardin de topiaires (buis et ifs) se trouvait une rotonde agrémentée d’une fontaine (provenant elle aussi d’un subtil approvisionnement en eau du bief).
La deuxième partie du jardin était composée d’un labyrinthe de coudriers (noisetiers abondants dans la région).
Ce labyrinthe n’existe plus aujourd’hui remplacé par un dessin au sol. La restauration du jardin va porter sur cette partie ci dans les prochaines années.

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Ouvrez la fenêtre depuis la salle de réception du château…

pour plus d’infos :

Parcs et jardins Rhône Alpes

patrimoine

à suivre…

Rendez Vous au Jardin : La Bâtie d’Urfé et son jardin renaissance. 1

« Rendez-vous aux jardins » 2 et 3 juin 2007

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La cinquième édition portait sur le thème de l’eau. Dans toute la France les amateurs de jardins s’étaient donné rendez-vous pour des découvertes et des visites guidées.

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Organisés par le ministère de la Culture et de la Communication, les « Rendez-vous aux jardins » sont une invitation à découvrir et à profiter de la richesse des parcs et jardins publics et privés.

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J’avais choisi ce jour là le parc du château de la Bâtie d’Urfé (SAINT-ETIENNE-LE-MOLARD dans la plaine du Forez entre Roanne et Saint-Etienne).

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Inscrit dans la tradition Renaissance par Claude d’Urfé (1501-1558 : le grand père de l’auteur de l’Astrée Honoré d’Urfé), cet ensemble public du XVI° siècle, inspiré des jardins italiens, comporte une salle des fraîcheurs ou « nymphée », des promenoirs, un temple, un réseau hydraulique.

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« Son bâtisseur, Claude d’Urfé, bailli du Forez, remplit d’importantes missions diplomatiques pour le roi de France (François 1er puis Henri II) dont il est le représentant au Concile de Trente, puis l’ambassadeur à Rome. Il est ensuite le gouverneur des enfant royaux à la cour ; il évolue ainsi dans la sphère humaniste de hauts dignitaires entourés d’artistes et fascinés par l’Italie. A distance, il élabore pour son domaine un vaste projet dont il confie la mise en oeuvre en 1548 à un maçon forézien appelé Antoine Joinillon. Le chantier commence en 1548 et s’arrête à sa mort en 1558 ».
Source : www.culture.fr

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La visite du week-end des 2 et 3 Juin portait comme dans toute la France sur le thème de l’eau :

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créé il y a plus de quatre siècles dans un souci permanent de gestion rationnelle de l’eau, l’ensemble du domaine relève d’une mise en œuvre technique remarquable, utilitaire aussi bien que décorative.

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Bordé par un canal, le jardin comprenait au XVIème siècle, parterre, dédale, pergola, bassin, et une fontaine en marbre blanc sous la Rotonde.

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Il ne reste plus grand chose de la porte d’entrée. Le parterre de buis et d’ifs a été reconstitué suivant les documents d’ époque tandis que la restauration des autres éléments est en cours de réalisation.

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Cette maîtrise de l’eau fut révélée lors de cette visite originale depuis le jardin avec son canal d’amenée jusqu’à la grotte, partie la plus originale du château.

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Dans la grotte baroque l’eau est présente symboliquement car les fontaines de l’époque ne fonctionnent plus mais la fraîcheur du lieu et la qualité de la décoration est étonnante.

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Fermée par une grille en fer forgé représentant la vigne des côteaux du Forez, la grotte est entièrement décorée par des rocailles d’inspiration italienne.

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« A la mode italienne, le seigneur fit réaliser une salle de fraîcheur, dite de Rocailles, à l’ intérieur d’ un bâtiment d’ habitation. Les ornements mythologiques en sont faits de petits galets, de coquillages et de sables de couleur ».
Source : La Diana

à suivre…

Bouquet de lys à Marandon

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Une fois n’est pas coutume, je vous présente des fleurs qui ne viennent pas du jardin.

 

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Marie a reçu d’un ami ce magnifique bouquet pour son anniversaire.

 

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Les fleurs étaient complètement fermées, les tiges plutôt rigides et ingrates.

 

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Au bout de quelques jours, les lys s’ouvrent généreusement

 

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l’odeur est entétante,

 

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les étamines tranchent avec le blanc immaculé, on peut les laisser, elles font partie de la fleur d’origine ou les enlever.

 

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Petit conseil sur les lys : enlever les étamines  pour ne pas se tacher ou risquer de tacher la table en les pinçant entre deux doigts. En cas de tache, ne jamais mouiller, enlever le pollen sec à l’aide d’un ruban adhésif.

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téléchargez le diaporama

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Anémone des Alpes

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A quoi ça sert qu’on se décarcasse ?

 

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Le jardinier se prend la tête pour parfaire son sol, pour amender, biner, sarcler et j’en passe. Dimanche aux Deux Alpes (Oisans, Isère), j’ai croisé un bouquet d’anémone des Alpes dans un pierrier au sommet d’une piste de ski (Le Diable à 2400 m pour ceux qui connaissent) dans un endroit très fréquenté.

Ici la texture du sol est plutôt frugale…

 

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Les plus belles scènes de jardins sont dans la nature à nous de jeter un oeil attentif et de nous en inspirer…

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La descente VTT de Vénosc (Free Raid Classic le 24/06/07)

Ce jour là je faisais du VTT , ça descendait un peu et l’on avait pas vraiment le temps d’herboriser…

Bouquet de juin à Marandon : le rose l’emporte.

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Non ce n’est pas la vague rose de l’assemblée mais presque,

 

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Aujourd’hui jour d’anniversaire alors les bouquets emplissent la maison.

 

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Le jardin atteint son apogée, les roses anciennes déclinent, les modernes donnent à plein.

 

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Les pluies de la première quinzaine ont cessé et le jardin explose,

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le vert triomphe mais ce sera de courte durée, alors profitons en.

 

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Lumière du matin avant la chaleur de la journée (33 °). (Kifsgate et Bonica à droite)

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Les roses souffrent alors autant les cueillir et composer. (Ici New Dawn)

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Les spirées sont en fleur.

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Moins de senteurs que dans les précedents bouquets mais quelle couleur…

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La suite en musique, patientez et remontez de quelques photos le temps du chargement.

 

 

Bac 2007 sujets de français extraits choisis…

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Voici le sujet des séries littéraires, comme le premier texte parle de jardins, je me suis dit que ça pourrait vous intéresser. Pour certains cela rappellera des souvenirs émus…

Bac de français
Sujets 2007, série littéraire
Objet d’étude : le biographique.

Textes

* Colette, Sido
* Albert Cohen, Le Livre de ma mère
* Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée.
Texte A — Colette, Sido

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digitalis purpurea

Ô géraniums, ô digitales1… Celles-ci fusant des bois-taillis, ceux-là en rampe allumés au long de la terrasse, c’est de votre reflet que ma joue d’enfant reçut un don vermeil. Car « Sido » aimait au jardin le rouge, le rose, les sanguines filles du rosier, de la croix-de-Malte 1, des hortensias et des bâtons-de-Saint-Jacques , et même le coqueret-alkérenge 1, encore qu’elle accusât sa fleur, veinée de rouge sur pulpe rose, de lui rappeler un mou2 de veau frais… À contrecœur elle faisait pacte avec l’Est : « Je m’arrange avec lui », disait-elle. Mais elle demeurait pleine de suspicion et surveillait, entre tous les cardinaux et collatéraux3, ce point glacé, traître, aux jeux meurtriers. Elle lui confiait des bulbes de muguet, quelques bégonias, et des crocus mauves, veilleuses des froids crépuscules.
Hors une corne de terre, hors un bosquet de lauriers-cerises dominés par un junko-biloba1 – je donnais ses feuilles, en forme de raie, à mes camarades d’école, qui les séchaient entre les pages de l’atlas – tout le chaud jardin se nourrissait d’une lumière jaune, à tremblements rouges et violets, mais je ne pourrais dire si ce rouge, ce violet dépendaient, dépendent encore d’un sentimental bonheur ou d’un éblouissement optique. Étés réverbérés par le gravier jaune et chaud, étés presque sans nuits… Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense. J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demie, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues.
À trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d’abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… J’allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion…

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Geranium Endresii

Ma mère me laissait partir, après m’avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son œuvre, – « chef-d’œuvre », disait-elle. J’étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temps-là ne sont pas toujours d’accord… Je l’étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu’à mon retour, et de ma supériorité d’enfant éveillé sur les autres enfants endormis.
Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d’avoir mangé mon saoul4, pas avant d’avoir, dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l’eau de deux sources perdues, que je révérais. L’une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L’autre source, presque invisible, froissait l’herbe comme un serpent, s’étalait secrète au centre d’un pré où des narcisses, fleuris en ronde, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe… Rien qu’à parler d’elles je souhaite que leur saveur m’emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j’emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire…
Notes
1 Noms de plantes.
2 Mou : viande pour l’alimentation des chats.
3 Cardinaux et collatéraux : les points cardinaux sont les quatre points de l’horizon (nord, sud, est, ouest), les points collatéraux sont situés entre deux points cardinaux et à égale distance de ces derniers.
4 Manger son saoul : manger jusqu’à en être rassasié.

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Texte B — Albert Cohen, Le Livre de ma mère

Ô mon passé, ma petite enfance, ô chambrette, coussins brodés de petits chats rassurants, vertueuses chromos1, conforts et confitures, tisanes, pâtes pectorales2, arnica, papillon du gaz3 dans la cuisine, sirop d’orgeat, antiques dentelles, odeurs, naphtalines4, veilleuses de porcelaine, petits baisers du soir, baisers de Maman qui me disait, après avoir bordé mon lit, que maintenant j’allais faire mon petit voyage dans la lune avec mon ami un écureuil. Ô mon enfance, gelées de coings, bougies roses, journaux illustrés du jeudi, ours en peluche, convalescences chéries, anniversaires, lettres du Nouvel An sur du papier à dentelures, dindes de Noël, fables de La Fontaine idiotement récitées debout sur la table, bonbons à fleurettes, attentes des vacances, cerceaux, diabolos, petites mains sales, genoux écorchés et j’arrachais la croûte toujours trop tôt, balançoires des foires, cirque Alexandre où elle me menait une fois par an et auquel je pensais des mois à l’avance, cahiers neufs de la rentrée, sac d’école en faux léopard, plumiers japonais, plumiers à plusieurs étages, plumes Sergent-Major5, plumes baïonnette de Blanzy-Poure5, goûters de pain et de chocolat, noyaux d’abricots thésaurisés6, boîte à herboriser, billes d’agate7, chansons de Maman, leçons qu’elle me faisait repasser le matin, heures passées à la regarder cuisiner avec importance, enfance, petites paix, petits bonheurs, gâteaux de Maman, sourires de Maman, ô tout ce que je n’aurai plus, ô charmes, ô sons morts du passé, fumées enfouies et dissoutes saisons. Les rives s’éloignent. Ma mort approche.
Notes
1 Chromo : dessin de qualité médiocre.
2 Pâte pectorale : pâte pour soigner la toux.
3 Papillon du gaz : robinet d’arrêt du gaz.
4 Naphtalines : produits antimites.
5 Sergent-Major, Blanzy-Poure : marques de plume.
6 Thésaurisés : amassés, accumulés.
7 Agate : pierre précieuse.

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Texte C — Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée

La principale fonction de Louise et de maman, c’était de me nourrir ; leur tâche n’était pas toujours facile. Par ma bouche, le monde entrait en moi plus intimement que par mes yeux et mes mains. Je ne l’acceptais pas tout entier. La fadeur des crèmes de blé vert, des bouillies d’avoine, des panades1, m’arrachait des larmes ; l’onctuosité des graisses, le mystère gluant des coquillages me révoltaient ; sanglots, cris, vomissements, mes répugnances étaient si obstinées qu’on renonça à les combattre. En revanche, je profitai passionnément du privilège de l’enfance pour qui la beauté, le luxe, le bonheur sont des choses qui se mangent ; devant les confiseries de la rue Vavin, je me pétrifiais, fascinée par l’éclat lumineux des fruits confits, le sourd chatoiement des pâtes de fruits, la floraison bigarrée des bonbons acidulés ; vert, rouge, orange, violet : je convoitais les couleurs elles-mêmes autant que le plaisir qu’elles me promettaient. J’avais souvent la chance que mon admiration s’achevât en jouissance. Maman concassait des pralines dans un mortier, elle mélangeait à une crème jaune la poudre grenue ; le rosé des bonbons se dégradait en nuances exquises : je plongeais ma cuiller dans un coucher de soleil. Les soirs où mes parents recevaient, les glaces du salon multipliaient les feux d’un lustre de cristal, Maman s’asseyait devant le piano à queue, une dame vêtue de tulle jouait du violon et un cousin du violoncelle. Je faisais craquer entre mes dents la carapace d’un fruit déguisé, une bulle de lumière éclatait contre mon palais avec un goût de cassis ou d’ananas : je possédais toutes les couleurs et toutes les flammes, les écharpes de gaze, les diamants, les dentelles ; je possédais toute la fête. Les paradis où coulent le lait et le miel ne m’ont jamais alléchée, mais j’enviais à Dame Tartine sa chambre à coucher en échaudé2 cet univers que nous habitons, s’il était tout entier comestible, quelle prise nous aurions sur lui ! Adulte, j’aurais voulu brouter les amandiers en fleurs, mordre dans les pralines du couchant. Contre le ciel de New York, les enseignes au néon semblaient des friandises géantes et je me suis sentie frustrée.
Notes
1 Panade : bouillie composée de pain, de beurre, d’eau, de lait et de jaune d’œuf.
2 Échaudé : pâtisserie légère passée au four.

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Fantin Latour

I. Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez à la question suivante (4 points) :

Montrez ce qui peut justifier le rapprochement de ces trois auteurs, dans leur vision de l’enfance comme dans la démarche qu’ils choisissent pour l’évoquer.

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Rosa Gallica

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points) :

Commentaire

Vous commenterez le texte d’Albert Cohen (texte B).

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Queen of Bourbons

Dissertation

« Les rives s’éloignent. Ma mort approche », écrit Albert Cohen. Selon vous, l’écriture autobiographique est-elle une manière de se préparer à la mort ou de conserver la saveur de la vie ?
Vous répondrez en vous appuyant sur les textes du corpus et sur d’autres œuvres que vous avez lues ou étudiées.

Invention

Gêné ou irrité par le caractère trop intimiste de certaines formes d’écriture de soi, un jeune lecteur écrit une lettre ouverte aux écrivains pour défendre une autre conception de l’autobiographie.