
Bon d’accord, j’arrive un peu tard pour les célébrations de l’Armistice, mais je ne résiste pas à vous faire partager cette note écrite par mon grand père dans ses carnets de guerre.

A cette époque le blog n’existait pas mais un petit carnet noir de 14 cm par 8 cm ne quittait pas sa poche et était complété chaque jour ou presque.
la voici :

Lettre aux soldats français
Nous avons trouvé votre papier jeté par les avions chéris. Nous devons rire à cette façon de faire la guerre, que vous pensez gagner la guerre. Pourquoi êtes-vous si durs et pourquoi ne voulez vous pas la paix ? Y a t-il de l’autre côté un obstacle à faire la paix ?
Nous ne croyons pas en vous combattons (sic) si longtemps que vous savez que nous n’avons pas commencé la guerre, que nous ne sommes pas les soldats qui brûlent et qui tirent les hommes innocents. Avec vous, nous espérons que la paix sera bientôt faite.
Signé :
Un soldat allemand qui connaît beaucoup de français et qui sait que ce sont seulement les anglais qui prolongent la guerre.
Fait le 27/7/1918 dans la Marne

Ce poilu héroïque est posé devant l’église de Sainte Ursise dans l’Aubrac.
Cette note est dédiée à nos grands parents et aux rares poilus encore vivants pour témoigner et rappeler les tentatives de fraternisation existèrent et que leur histoire reste à écrire.
rendez vous sur ces deux blogs :
Uu
dont j’extrais la phrase suivante :
« Il hurlait : "Venez me chercher, j’ai la jambe coupée." Les
brancardiers n’osaient pas sortir. Je n’en pouvais plus. J’y suis allé
avec une pince. Je suis d’abord tombé sur un Allemand, le bras en
bandoulière. Il m’a fait deux avec ses doigts. J’ai compris qu’il avait
deux enfants. Je l’ai pris et l’ai emmené vers les lignes allemandes.
Quand ils se sont mis à tirer, il leur a crié d’arrêter. Je l’ai laissé
près de sa tranchée. Il m’a remercié. Je suis reparti en arrière, près
du blessé français. Il serrait les dents. Je l’ai tiré jusqu’à nos
lignes, avec sa jambe de travers. Il m’a embrassé et m’a dit : "Merci pour mes quatre enfants." Je n’ai jamais pu savoir ce qu’il était devenu. » Lazare Ponticelli, 108 ans.
et Jean Paul Chapon
"Il ne reste plus que 6 soldats français de la guerre de 14-18, après le
décès de l’un d’entre eux annoncé aujourd’hui. Cette nouvelle entendue
sur France Info me fait penser à mon grand-père, et au temps qui passe,
lent et rapide, relatif dans sa durée…"