Et si je vous présente ces paysages…

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Il suffit de retrouver quelques éléments porteurs d’identité pour que le spectateur identifie immédiatement le lieu. Une fois le lieu repéré notre imaginaire ne fonctionne plus, nos représentations sont figées et notre esprit raisonne dans la logique du lieu.

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Antonio Gaudi personnifie la ville de Barcelone. C’est un repère visuel unique. Nul autre lieu au monde ne reproduit une telle forme architecturale.
Le génie des créateurs se reconnait à leur capacité à créer des formes nouvelles inimitables et uniques.

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Ici nous sommes sur le Rambla de Mar prolongement des ramblas. La statue de christophe Colomb sert de repère visuel et désigne la mer que l’on ne voyait plus très bien avec le developpement industrialo portuaire.

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Mais Ricardo Boffil est passé par là. Les Jeux de 1992 ont fait le reste et le « water front » a été reconquis.

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La plage est artificielle comme d’autres en France j’y reviendrai.
Mais le palmier a remplacé le hangar crasseux. Désormais le touriste été comme hiver déambule sur le littoral comme il déambulait sur les Ramblas.

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Le Port Olympique (le lieu des photos de la note précédente du 2 Mars) a pris ce caractère moderne des métropoles. C’est ainsi que nous nous croyons en Californie.

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Mais sitôt de retour au centre, l’identité barcelonaise ressort avec le modernisme architectural.
Les métropoles modernes sont confrontées à une concurrence farouche. Milan ne peut résister à Barcelone, Rome ou Londres sur le plan patrimonial.

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La fonction de loisirs est une composante de la métropolisation, la mutation des fronts de mer en témoigne, le Port Vell est un exemple de renouvellement urbain et une réussite (15 millions de visiteurs).

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Paysage urbain : quelques indices

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Suite à la note précédente, voici quelques paysages urbains récents.
Ils ne permettent pas de situer précisément la ville mais pourtant ils permettront à l’oeil exercé de retrouver le lieu.

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Chaque métropole est partagée entre :

– donner d’elle une image de métropole de dimension internationale (c’est le processus de métropolisation…) avec gratte ciel, skyline, centre d’affaires, siège de bureaux, hôtels internationaux, désserte en transports efficace…
– garder une certaine authenticité, identité culturelle ou paysagère qui lui est propre. Mettre en valeur des hauts lieux emblématiques qui donnent des repères, une image de la cité (cf Kevin Lynch).

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Concilier les deux éléments est difficile : conserver le patrimoine et le valoriser, moderniser la ville et offrir des services de qualité.

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Le paysage est un piège dans lequel se prennent les innocents.

Petite leçon de géographie…

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De retour de voyage en Californie, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter quelques vues du port de San Diego.

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Les navires au mouillage sont impressionnants,

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les gratte ciel attirent notre regard vers le haut.

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Les structures de métal luisent au soleil couchant.

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Et pourtant il faut briser le rêve américain.
Contrairement à nos représentations, nous ne sommes pas en Amérique, encore moins en Californie même si l’architecte de la structure métallique (Franck O. Gehry) est californien.

Il faut s’interroger sur le fait que se l’on se croit ici et non ailleurs,
réfléchir sur les éléments du paysage qui créent une ambiance et nous attirent quelque part là où des stéréotypes nous guident.

Roger Brunet défend lui-même d’une certaine manière la cause du paysage lorsqu’il affirme que

« le paysage peut être un piège, car il cache, il trompe (des indices sont polysémiques), il est brouillé et se déchiffre comme un palimpseste car les traces du passé ne s’effacent pas toutes, certaines sont encore actives, il est distordu par la distance ; enfin et surtout, il ne dit pas tout, car tout ce qui fait l’espace et qui est de l’espace n’est pas visible : il donne donc quelques pistes, provoque et soutient quelques hypothèses ».

Roger BRUNET, Mondes nouveaux, Géographie universelle, Belin-Reclus, Paris, 1990.

Alors où sommes nous ?
En France sur la Côte d’Azur ?
en Australie ,
aux Caraïbes ?
En Espagne ?
La réponse bientôt…
Cliquez sur les paysages pour chercher des indices.
Exercez votre oeil critique.

Nains de jardin 9

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Ceux ci sont authentiques, non pas installés par dérision ou clin d’oeil complice mais parce que leur propriétaire y croit et les respecte en les présentant comme des trophées avec une réelle fierté.
Nous ne sommes pas très loin du Musée des Arts Modestes mais c’est une autre histoire que je vous conterai demain.

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Ils ne sont pas dans mon jardin mais dans une véranda ouverte sur la rue au regard de tous.
Ils se trouvent à Sète non loin du cimetière marin.

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Ce qui est touchant c’est leur aspect posé là, sur une tablette entre deux fleurs au pied du rosier.
Comme ils ne sont pas tout neufs la peinture est un peu craquelée ce qui rajoute à leur authenticité.

Igloo effondré, architecture moderniste.

Prenez un igloo.

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Laissez mijoter quelques jours afin d’atteindre la maturité
(effondrement sans rupture).
Rajoutez une ou deux chutes de neige pour améliorer l’aspect de façade.
Alternez des phases de gel dégel quotidien.

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Observez sous tous les angles. Pénétrez à l’intérieur.

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Vous obtenez une sculpture vivante, torsadée, et évolutive.
Cette sculpture se rapproche de l’architecture contemporaine de Gehry à Bilbao ou de l’architectue moderne de Gaudi à Barcelone.

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Ici pas de figure géométrique où dominerait le carré ou le rectangle mais un ensemble aux formes souples ou l’arrondi l’emporte sur la ligne droite et orthogonale.

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La courbe de la neige fait penser à un toit de Gaudi à la Predera ou Casa Mila à Barcelone.

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Gaudi s’inspirait des formes de la nature pour créer une architecture dynamique et à nulle autre pareille.

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« Les architectes sont possédés par le désir de construire des montagnes »

disait Nietzsche.

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Les jardiniers sont possédés par le désir de reconstruire la nature au coeur de leur jardin, dit le blogueur.
Le toit de la Pedrera est sinueux comme le toit de mon igloo.

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tout est question d’échelle, de matériau et d’imagination.

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Matin Glacé.

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Moins Huit degrés centigrade le 26/02/05.

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Matin glacé, matin sculpté.

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Petite recette de saison.
Prenez un matin glacé, si possible ensoleillé, ramassez quelques cailloux bien lisses (des galets de préférence).
Disposez les de façon aléatoire. Arrosez-les avec de l’eau froide.
Attendez quelques instants que la glace lisse le tout.
En attendant parcourez le jardin à la recherche de quelques glaçons aux formes variées. Cherchez des stalactites.

Rapportez le tout sans les briser.
Plantez-les dans la neige au hasard de votre inspiration.
Prenez du recul et appréciez ce land-art miniature et éphémère.
Sortez l’appareil photo.

S’il fait vraiment froid, rentrez préparez vous un thé et prenez un livre d’Andy Goldsworthy et cherchez des idées.
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Le contre jour renforce l’effet de transparence de la glace.

Les piques dressées vers le ciel évoquent des tourelles utopiques.
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Le contraste entre le lissé de la glace et l’effilé des arbres dénudés est intéressant.
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Ces parties gelées proviennent de l’intérieur d’un chéneau.

pour un petit montage (1,2 Mo) Download 1_matin_glac.mov

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Pour un montage plus long et en musique.. (4,4 Mo) patience !

Download matin_glac_2.mov

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Photos François Arnal Le Jardin de Marandon 2005.

L’âge de glace

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Ce matin, la température atteint à 8 heures moins 8 degrés Celsius et le soleil est au rendez-vous.
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Petit tour au jardin et découverte d’un monde glacé.
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La neige fond lentement dans la journée pour regeler immédiatement et former des stalactites le long des arbustes ou des chéneaux du toit.Dscn2565

Les graines du céanothe sont figées et prennent un aspect étrange.

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La glace est d’un transparence et d’une pureté incroyable.
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Un curieux champignon.

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Incroyable, de retour de vacances hier soir, je découvre dans un coin du jardin un curieux champignon blanc qui mesure plus d’un mètre quatre vingt.
Rien n’a pourtant été semé à cet endroit, c’est l’Île Mystérieuse de Tintin, sauf que cette amanite n’est pas tue mouche, elle est blanche immaculée.
De quelle conception ? Je ne saurais le dire.
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Ce matin,
la maturation a fait que certains flancs commencent à s’incurver vers l’intérieur.
Je pense que c’est encore un coup des nains de jardin.
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D’ailleurs j’en ai surpris un.

Il faut faire vite car ils se cachent dès que le photographe se pointe.

Friche industrielle

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Prenez un rond point au bord d’une route dans une ville industrielle (St Chamond ou Grand-Croix dans la Loire). Les édiles auront par respect du patrimoine le soin d’intégrer dans ce jardin un vieux marteau pilon sauvé de la récupération des métaux. Bon d’accord celui ci n’a pas la majesté de celui du Creusot, mais on fait ce que l’on peut avec ce que l’on a.

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Franchissez sans encombre la barrière qui vous sépare des anciennes usines de mécanique, de métallurgie, de chaudronnerie et plongez au cœur du XIX° siècle. L’architecture de brique et de fer permet de dater d’un coup d’œil la période. Au pied du mur cependant la nature reprend ses droits.
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La friche industrielle se double d’une friche végétale. Nous sommes au cœur du « tiers paysage » défini par Gilles Clément.
Les délaissés sont occupés rapidement par les conquérants : le bouleau véruqueux, vulgaire bouleau blanc qui se fiche du sol ingrat et pollué.
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Continuez un peu plus loin et découvrez le buddleia davidii Franchet (famille des loganiacées : plus simplement arbre à papillon) originaire de Chine et évadé des jardins alentour pour se développer allègrement (G. Clément appelle « vagabondes » ces plantes qui s’échappent et qui se retrouvent là où l’on ne les attend pas).
« Portées par le vent, par les animaux ou sous la semelle de nos souliers, les plantes vagabondes ont conquis avec témérité et vitalité, nos jardins, nos talus, nos friches ».

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Rapporté de Chine à la fin du XIX° par Armand David lazariste il s’est adapté à la flore européenne et témoigne du brassage planétaire.
Peste végétale ou simple conquérante, cette plante a le mérite d’apporter les papillons là où les attend pas, de percer le béton ou le goudron et d’amorcer le début de reconquête d’un sol. Bientôt suivra un cortège floristique plus riche, plus diversifié.

« Omniprésent dans la friche parisienne, première plante à venir avant les herbes, les jeunes sycomores et les ailantes, présent dans toutes les villes d’Europe et toujours dans les mêmes conditions- celles du chantier temporaire souvent clos d’une palissade, le buddleia caractérise le « délaissé urbain », territoire en instance de devenir quelque chose mais qui en attendant, fait un champ d’arbre à papillons, c’est déjà ça »

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Gilles Clément in Eloge des vagagabondes. Nil Editions 2002, page 120.